Le médiateur international Kofi Annan a proposé la mise en place en Syrie d'un gouvernement de transition afin de trouver une solution politique à la crise qui secoue le pays.
Les principales puissances (Russie, Chine, Etats-Unis, Royaume uni, France) soutiennent cette idée qui sera discutée au cours de la réunion du Groupe d'action sur la Syrie samedi à Genève, ont déclaré mercredi soir des diplomates aux Nations unies.
L'idée de ce gouvernement de coalition, qui inclurait des partisans du président Bachar Al-Assad et des membres de l'opposition, fait partie de "lignes directrices et principes pour une transition" en Syrie que M. Annan a envoyées aux ministres des Affaires étrangères devant participer à la réunion de Genève.
S'exprimant devant la presse mercredi, l'ambassadeur russe à l'ONU Vitaly Tchourkine avait souligné que les idées que présenteraient M. Annan à Genève ne seraient pas automatiquement acceptées par les ministres. Elles "fourniront une base de discussions pour les ministres", avait-il expliqué en n'excluant pas que d'autres éléments de réflexion s'ajoutent au document de Kofi Annan.
De son côté, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, en visite à Helsinki, a indiqué avoir eu "des consultations étroites avec Kofi Annan" à propos de son document. Elle a dit avoir transmis à M. Annan "son soutien pour le plan qu'il a présenté", qu'elle a qualifié de "feuille de route très concrète pour une transition politique".
L'Iran et l’Arabie non conviés à la réunion de Genève
La réunion de Genève, qui se tiendra samedi au niveau des ministres des Affaires étrangères, rassemblera les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume uni).
Des invitations ont également été adressées à la Turquie et à l'Union européenne, de même qu'au Qatar, au Koweït et à l'Irak au titre de leur rôle au sein de la Ligue arabe.
En revanche, l’Arabie et l'Iran n'y ont pas été invités. Washington s’oppose à la participation de Téhéran dans cette réunion.
Annan déterminé à rendre compte à l'Iran
Mais M. Annan a affirmé vouloir "rendra compte" à l'Iran des résultats de la réunion afin de s'assurer que Téhéran "reste impliqué" dans la recherche d'une solution en Syrie, a précisé un porte-parole.
M. Annan et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'accordent sur "la nécessité que l'Iran participe à la résolution" de la crise syrienne, a déclaré Martin Nesirky.
Tchourkine
Interrogé sur l'absence iranienne, l'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine a souligné devant la presse qu'il s'agissait d'une décision de M. Annan "que tout le monde était prêt à accepter".
"Le fait que l'Iran et l'Arabie saoudite n'aillent pas à Genève ne veut pas dire qu'ils seront totalement écartés (car) ils ont de toute façon une influence" sur ce dossier, a-t-il souligné. Il a prédit des "contacts divers" entre les principaux participants à la réunion de Genève et ces deux pays "pour les inciter à jouer un rôle conforme aux résultats de la conférence".
Mohammed Khazae
Pour sa part, l'ambassadeur iranien Mohammed Khazae a fait valoir que "personne ne peut négliger l'influence et le rôle constructif que (l'Iran) a joué et joue dans la région". Il a réaffirmé que Téhéran soutenait le plan Annan de sortie de crise et s'opposait "à toute intervention étrangère et à toute fourniture d'aidemilitaire à des groupes armés en Syrie". |