25-04-2024 01:06 PM Jerusalem Timing

Pékin veut un bombardier stratégique furtif pour pouvoir frapper au Pacifique

Pékin veut un bombardier stratégique furtif pour pouvoir frapper au Pacifique

Le "cahier des charges" du futur appareil devrait lui assurer un rayon d’action de 8.000 kilomètres et une charge de 10 tonnes de bombes.

La Chine entend doter son armée d'un bombardier stratégique furtif, capable d'assurer des frappes en profondeur, notamment dans le Pacifique, a rapporté mardi la presse officielle chinoise.

L'idée aurait reçu le soutien du président Xi Jinping, partisan de bâtir
une force aérienne de nature "stratégique", autrement dit "dotée de capacités
offensives et non plus simplement défensives comme c'était le cas dans le
passé", selon un spécialiste cité par le China Daily, Wang Yan'an,
rédacteur-en-chef adjoint de la revue chinoise Aerospace Knowledge.

L'aviation de l'Armée populaire de libération (APL) "doit donc posséder un
bombardier stratégique à long rayon d'action, sans lequel on ne peut pas parler
de force stratégique", selon cet expert.

Les instructions du président chinois "ont été renouvelées en mai par les
planificateurs de la stratégie de l'APL" dans un livre blanc, selon le journal.

Le qualificatif de "stratégique" était jusqu'à présent réservé au "Deuxième
corps d'artillerie" de l'APL, en charge des missiles nucléaires.

Sur une pleine page, le quotidien officiel développe les défis et les
enjeux du projet, qui devrait prendre des années, au vu du retard de
l'aéronautique militaire chinoise.

Le "cahier des charges" du futur appareil devrait lui assurer un rayon
d'action de 8.000 kilomètres et une charge de 10 tonnes de bombes.

Il serait ainsi à même de frapper jusqu'à la "deuxième chaînes d'îles", qui
définit aux yeux des stratèges chinois "le périmètre de défense maritime du
pays", selon le journal.

La première chaîne "désigne une série d'îles allant du Japon au nord
jusqu'à Taiwan et les Philippines au sud", tandis que la seconde "va, au nord,
des îles Bonin (ndlr: l'archipel japonais d'Ogasawara) jusque, vers le sud, les
îles Mariannes et Caroline", précise le China Daily, invoquant "une acceptation
communément admise", bien que "les frontières exactes de ces chaînes d'îles
n'aient jamais été officiellement définies".

La Chine, qui entend contester l'hégémonie américaine sur le Pacifique,
nourrit de vives rivalités avec le Japon sur l'archipel disputé des Senkaku
(Diaoyu en chinois) en mer de Chine orientale et suscite l'inquiétude de ses
voisins en mer de Chine méridionale, où elle est en train d'achever une piste
d'atterrissage longue de 3.000 mètres dans l'archipel disputé des Spratleys.

Les forces aériennes chinoises ne disposent pour l'heure que d'un modèle de
bombardier stratégique, le H-6, inspiré de l'antique Tu-16 soviétique des
années cinquante, le "Badger" dans son appellation Otan.

Sa version chinoise modernisée (H-6K), subsonique, est capable d'emporter six missiles de croisière.  Le journal évoque la possibilité de s'inspirer pour son futur appareil du Tu-160 russe, un bombardier lourd supersonique à géométrie variable.

Mais il n'est pas furtif et le journal exclut la possibilité de concevoir
un équivalent du B-2 américain de Northrop Grumman, qui représenterait "un défi
technologique et financier" insurmontable pour la Chine.

D'autres médias chinois avaient estimé à une dizaine d'années le temps
nécessaire à la mise au point d'un tel appareil.