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28/11/2009
Le conseil des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique, l'AIEA, a condamné l'Iran, pour avoir caché l'existence d'un site nucléaire sensible, et continué à enrichir de l'uranium malgré les demandes répétées du Conseil de sécurité des Nations unies. Sous la forte pression de Washington, la Chine s'est ralliée à la résolution de l'organe exécutif de l'AIEA, la première sur l'Iran depuis février 2006. Mais en s'abstenant lors du vote, plusieurs "poids lourds" régionaux - dont le Brésil, l'Egypte, la Turquie et l'Afrique du Sud - ont marqué leur refus d'un durcissement contre Téhéran. Parce qu'il a tardé, jusqu'en septembre 2009, à informer l'AIEA de la construction d'un site d'enrichissement près de Qom, Téhéran a violé ses engagements envers le Traité de non-prolifération des armes nucléaires, souligne le conseil. L'Iran a ainsi éveillé le soupçon qu'il pourrait y avoir sur son territoire "d'autres installations nucléaires en construction qui n'auraient pas été déclarées". Qualifié par Téhéran de "théâtral", ce coup de semonce traduit l'irritation des grandes puissances et sonne le glas des efforts du directeur général sortant de l'Agence, Mohamed ElBaradei, pour convaincre l'Iran d'envoyer à l'étranger la majeure partie de son stock d'uranium enrichi. Le texte adopté à Vienne prépare la voie à des sanctions que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a annoncées comme "paralysantes", si l'administration du président Barack Obama devait constater, d'ici à fin décembre, l'échec de sa politique de la main tendue envers l'Iran. Trois pays (Cuba, la Malaisie et le Venezuela) ont voté contre la résolution, qui a recueilli 25 voix, contre 27 en février 2006. L'Azerbaïdjan s'est absenté pour ne pas choisir entre la Russie et ses intérêts en Iran, où vit une forte communauté azérie. La Turquie, qui s'est rapprochée de Téhéran et a offert d'" accueillir" son uranium, s'est abstenue, comme le Brésil, qui vient de recevoir le président iranien, Ahmadinejad. Les Occidentaux constatent une érosion de l'indignation à l'égard de l'Iran, doublée d'une résistance à leurs efforts pour limiter le nombre des centres d'enrichissement d'uranium, qu'ils voient comme un risque accru de prolifération. Ll'Iran, dont l'ambassadeur auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a affirmé devant le Conseil que le programme nucléaire de son pays était "d'une transparence de cristal", et a assuré que l’Iran continuerait à coopérer avec l'Agence. Par ailleurs, un haut responsable religieux l'Iran a affirmé que l’Iran assurera lui-même la production du combustible nucléaire dont a besoin son réacteur de recherche si la communauté internationale ne lui en procure pas. "C'est votre obligation, légale, de fournir du combustible pour le réacteur de Téhéran", a affirmé Ahmad Khatami, à l'adresse de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), lors de la prière à l'Université de Téhéran pour l'Aïd al-Adha (fête su sacrifice). Et de préciser : "Nous allons limiter (notre coopération) à nos engagements dans le cadre des inspections prévues par le TNP", a déclaré Soltanieh à la télévision publique iranienne lors d'un entretien au téléphone. "Ils ne devraient pas s'attendre (...) à une aide au-delà de nos engagements, et que nous avions jusque-là fournie uniquement pour lever certaines ambiguïtés (...) comme l'annonce (de l'existence) du site de Fordo", a-t-il dit. "Si vous l'aviez fait, l'affaire serait terminée, a-t-il ajouté. Si vous ne coopérez pas, vous devez savoir que cette nation (...) qui a obtenu ses droits à la technologie fournira aussi du combustible pour son réacteur. C'est légal et c'est en accord avec les garanties internationales". Des députés conservateurs ont averti samedi que Téhéran pourrait décider de réduire sa coopération avec l'AIEA. "Si la conduite déraisonnable et le style d'intimidation de certaines puissances membres de l'AIEA ne changent pas, nous serons inévitablement contraints de changer nos décisions (niveau de coopération)", a déclaré Mohammad Esmaïl, vice-président de la commission de la sécurité nationale et des affaires étrangères au Parlement. "Il est possible que le Parlement (...) examine la possibilité de quitter l'AIEA et prenne une décision là-dessus", a-t-il averti, selon l'agence de presse Isna. "Pour l'instant, nous ne voyons aucune raison de diminuer notre coopération avec l'Agence (...) le Parlement va prendre une décision finale demain (dimanche) sur les moyens de réagir à la résolution", a dit un autre membre de la commission Hossein Ebrahimi, cité par l'agence de presse officielle Irna.
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