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02/09/2009
Près d'un quart de la population mondiale est menacée par des inondations en raison de la fonte des glaces dans l'Arctique, a averti ce mercredi le Fonds mondial pour la nature (WWF), en marge de la Conférence sur le climat organisée à Genève jusqu'au 4 septembre. "Le réchauffement de l'Arctique est bien plus qu'un simple problème local, c'est un problème global", a averti un responsable du WWF, Martin Sommerkorn, en présentant une étude sur la fonte des glaces arctiques. "Autrement dit, si nous ne maintenons pas l'Arctique à un niveau assez froid, des personnes dans le monde entier en souffriront", a-t-il ajouté. Selon le WWF, l'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que la Terre dans son ensemble et si rien n'est fait, le niveau des océans aura monté d'environ 1,20 mètre en 2100, soit plus que ce qui était initialement prévu. Les inondations des régions côtières, dues à la fonte des glaces, "affecteront plus d'un quart de la population mondiale", prévient l'organisation. Et la fonte des glaces a déjà eu un impact sur le climat actuel, notamment dans l'hémisphère nord, a expliqué Sommerkorn, pointant du doigt les conditions météorologiques toujours plus sèches en Scandinavie et dans le sud-ouest de l'Amérique du Nord, ainsi que la plus grande humidité qui affecte la Méditerranée en hiver. La planète semble donc confrontée à un processus inéluctable. A mesure que l'étendue de la glace diminue et que la surface des océans progresse, la quantité d'énergie solaire absorbée augmente. "Ce qui fait monter davantage les températures", relève l'étude. En outre, le réchauffement climatique libère dans la région polaire de grandes quantités de méthane, alors que ce gaz à effet de serre était jusqu'ici "emprisonné dans la glace". Cet effet contribue, à son tour, à l'accélération de la fonte des glaces arctiques. "Nous ne pouvons briser cette spirale infernale des dangereuses rétroactions du système climatique qu'en réduisant fortement les émissions de gaz à effet de serre et en réussissant à maintenir le réchauffement global en-dessous de 2°C", estime le responsable de la politique climatique du WWF Suisse, Patrick Hofstetter. "Pour cela, il faut que les pays industrialisés réduisent d'au moins 40% leurs émissions de CO2 d'ici à 2020", poursuit-il. C'est justement sur cette question que les chefs d'Etat et de gouvernement devront trouver un terrain d'entente en décembre à Copenhague. L'accord doit succéder au Protocole de Kyoto dès 2013. Il doit permettre de réduire la progression des émissions de gaz à effet de serre, qui risquent de conduire à un réchauffement global pouvant aller jusqu'à 6,4°C à la fin du siècle, selon les prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec). En visite dans l'Arctique pour constater de ses propres yeux les dégâts causés par le réchauffement, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a prévenu les dirigeants internationaux que s'ils échouaient à "agir très vite (...), nous le regretterons amèrement pour l'avenir de l'humanité et du monde". "L'Arctique, c'est comme un canari dans une mine de charbon: c'est une alerte pour le climat de la planète", a-t-il ajouté.
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